L’acide hyaluronique, tu l’as sûrement déjà croisé. Dans des sérums, dans des crèmes, même dans les plus génériques de la pharmacie. C’est rendu tellement courant qu’on pourrait presque ne plus le voir.
Alors pourquoi il est encore là? Parce qu’il fait bien une job précise. C’est une longue chaîne de sucres qui aime l’eau et qui aide la peau à retenir son hydratation. Il existe d’ailleurs naturellement dans la peau, où il fait partie de la matrice entre les cellules.
Par contre, « acide hyaluronique » sur une étiquette, ça ne dit pas grand-chose. Deux produits peuvent en contenir et se comporter très différemment, parce que la molécule existe en plusieurs tailles. Gros poids, petit poids, hydrolysé, « multi-poids » : c’est quoi, tous ces chiffres en daltons? Est-ce que ça change vraiment quelque chose?
La question se pose d’autant plus pour notre nouveau sérum, qui contient deux poids d’hyaluronate de sodium (1 600 à 2 000 kDa et 100 à 600 kDa) et un extrait de Trémella. On t’explique ce que ça veut dire, ce qu’on sait, pis ce qu’on ignore encore.

D’abord, c’est quoi, l’acide hyaluronique?
L’acide hyaluronique (ou hyaluronane, ou HA pour les intimes) est une longue chaîne de sucres. Un polysaccharide, comme ceux du Trémella dont on te parlait dans notre article précédent. Elle est faite de deux sucres qui se répètent : l’acide glucuronique et la N-acétylglucosamine.
On en trouve naturellement dans tous les tissus de vertébrés, mais c’est dans la peau qu'on en retrouve et qu'on en fabrique le plus. Une revue le décrit comme un élément clé de la matrice entre les cellules, avec un rôle dans l’hydratation de la peau. Sur les étiquettes de cosmétiques, tu le vois écrit hyaluronic acid ou sodium hyaluronate (hyaluronate de sodium, sa forme de sel).
D’où vient celui des cosmétiques? Autrefois, on l’extrayait entre autres de crêtes de coq, très riches en HA (oui, les affaires qui pendent sur la tête des poules...😖). Aujourd’hui, on en fabrique surtout par fermentation avec des bactéries. Chez nous, on vous rassure, aucune trace de crête de coq.
Comme le Trémella, c’est une grosse molécule qui aime l’eau. Mais là, tout dépend de sa taille. Et c’est là que ça devient intéressant.
C’est quoi, le poids moléculaire, et pourquoi ça compte pour ta peau?
Le poids moléculaire, c’est la masse d’une molécule, mesurée en daltons (Da). Un kilodalton (kDa), c’est 1 000 daltons. Un mégadalton (MDa), c’est un million. Pense à un collier de perles : plus il y a de perles, plus le collier est long et lourd.
Pourquoi ça compte pour ta peau? Parce que sa couche du dessus (la couche cornée) est une barrière, faite pour garder l’eau dedans et le reste dehors. Plus une molécule est grosse, moins elle passe facilement. En dermatologie, on cite une règle de pouce, la règle des 500 daltons : au-delà d’environ 500 daltons, une molécule traverse mal la couche du dessus. La glycérine (environ 92 daltons) est sous cette limite. L’acide hyaluronique, lui, pèse de 100 000 daltons à plus d’un million : des centaines, voire des milliers de fois au-dessus.
Ça veut dire que la taille décide où l’acide hyaluronique travaille. Un gros poids reste plutôt à la surface, où il forme un film qui retient l’eau. Un poids plus petit pourrait aller un peu plus loin. La règle a toutefois ses exceptions : dans une étude de 2016, des acides hyaluroniques de 20 à 300 kDa ont quand même traversé la couche cornée. C’est ce qui rend le sujet débattu, et c’est ce qu’on regarde dans la suite.
Dans le corps aussi, la longueur change tout le temps. Les cellules fabriquent de longues chaînes, que des enzymes (ou le stress oxydatif) peuvent couper en morceaux plus courts, qui ne font pas tous le même travail.
Les gros, les petits, les très petits
Quand on parle de « haut poids » ou de « bas poids » en cosmétique, on range l’acide hyaluronique en grandes familles. Voici ce que décrivent les études, avec des chiffres qui varient d’une étude à l’autre.
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Famille |
Ordre de grandeur |
Ce que décrivent les études |
|---|---|---|
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Haut poids |
environ 1000 kDa et plus |
Reste surtout à la surface de la peau, où il forme un film qui retient l’eau. Dans une étude de laboratoire sur de la peau humaine, il n’a pas traversé la couche cornée (la couche du dessus). |
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Bas poids |
environ 20 à 300 kDa |
Dans la même étude, il a traversé la couche cornée. Dans une étude clinique avec des crèmes à 0,1 % autour des yeux, les poids de 50 et 130 kDa sont associés à une baisse de la profondeur des rides. |
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Très bas poids (fragments) |
moins d’environ 20 kDa |
En labo, de très petits fragments ont fait augmenter des signaux inflammatoires dans des cellules. Une revue de 2024 note que, même à bas poids, l’acide hyaluronique est jugé sûr à l’usage. Le sujet reste débattu. |
Il n’y a pas de frontière officielle entre ces familles. Selon les études, « haut poids » peut vouloir dire plus de 500 kDa, plus de 1 000 ou plus de 1 500. « Bas poids » peut aller de 10 à 1 000 kDa. Quand tu lis « bas poids moléculaire » sur une étiquette, la bonne question est : bas selon quel chiffre?
On t’en dit un peu plus sur les deux études principales.
L’étude clinique de 2011. Soixante-seize femmes de 30 à 60 ans, avec des rides autour des yeux, ont appliqué deux fois par jour, pendant 60 jours, des crèmes à 0,1 % d’acide hyaluronique de 50, 130, 300, 800 ou 2 000 kDa, comparées à un placebo. Toutes les crèmes à l’acide hyaluronique ont amélioré l’hydratation et l’élasticité de la peau par rapport au placebo. La profondeur des rides a diminué de façon significative avec les poids de 130 et de 50 kDa. Les auteurs pensent que les plus petits poids pénètrent peut-être mieux.
L’étude de pénétration de 2016. Des chercheur·euses ont suivi, avec de la spectroscopie Raman, la progression de trois acides hyaluroniques de tailles différentes dans de la peau humaine (prélevée en chirurgie, donc en dehors du corps). Les poids de 20 à 300 kDa ont traversé la couche cornée. Ceux de 1 000 à 1 400 kDa, non.
Dans l’étude de 2011, tous les poids ont amélioré l’hydratation. Un gros poids hydrate donc aussi, même s’il reste plutôt en surface.
Pourquoi deux poids moléculaires dans notre sérum?
Dans notre nouveau sérum, on a utilisé deux poids moléculaires d’acide hyaluronique : du hyaluronate de sodium de 1 600 à 2 000 kDa (un haut poids) et du hyaluronate de sodium de 100 à 600 kDa (un poids plus petit).
Où ça se situe, par rapport aux études? Le premier est un haut poids : sa plage se rapproche de celle qui est restée en surface en 2016 (1 000 à 1 400 kDa) et inclut les 2 000 kDa testés dans l’étude clinique de 2011. Le second est plus petit : le bas de sa plage (100 à 300 kDa) chevauche les poids qui ont traversé la couche cornée en 2016, et se compare aux 130 et 300 kDa de l’étude de 2011. Le haut de sa plage, jusqu’à 600 kDa, n’a pas été testé dans ces deux études.
Certaines études définissent le « bas poids » jusqu’à 100 kDa, et le bas de notre plage touche cette limite.
Pourquoi deux? Le haut poids reste plutôt en surface, où il forme un film qui retient l’eau. Le poids plus petit lui, pénètre dans la couche cornée pour hydrater plus en profondeur. On hydrate donc la surface, et l'intérieur.
Ça permet aussi de faire travailler un même ingrédient de deux façons. Et avec le Trémella dans notre nouveau sérum, ça donne un trio d’ingrédients qui aiment l’eau, chacun avec sa taille et sa structure : deux poids d’hyaluronate de sodium, plus les polysaccharides du Trémella.
Et le Trémella là-dedans?
Si tu as lu notre article sur le Trémella, tu te souviens qu’on parlait d’une étude de 2026 qui compare un extrait de Trémella à de l’acide hyaluronique, sur des fibroblastes humains en laboratoire. Cette étude utilisait un acide hyaluronique de haut poids (de 1,5 à 2,2 millions de daltons). Le fabricant de l’extrait de Trémella testé annonce, de son côté, un poids moyen d’environ 1 000 kDa. Deux grosses molécules, donc.
Pour le Trémella, le poids moléculaire est une question ouverte aussi : une revue de 2021 rapporte des poids de 8 000 daltons à 6 millions de daltons, selon la source et la méthode d’extraction. Et elle liste l’effet du poids moléculaire sur l’absorption par la peau parmi les questions à explorer.
Et c’est là que notre sérum entre en scène. Deux tailles d’hyaluronate de sodium, chacune avec son propre comportement sur la peau, et un extrait de Trémella, ce champignon-méduse qui a sa place dans les cuisines et les traditions asiatiques depuis longtemps. Un trio d’actifs qui aiment l’eau, sans chichi, à glisser dans ta routine avant ton sérum huileux. Essaie-le, pis dis-nous ce que ta peau en pense.
Foire aux questions
« Un dalton, c’est pas les frères de Lucky Luke? »
Non, haha. L’unité porte le nom du chimiste John Dalton, qui a travaillé sur la masse des atomes. Aucun lien avec Joe, Jack, William et Averell.
« L’acide hyaluronique pis l’hyaluronate de sodium, c’est la même chose? »
Presque. L’hyaluronate de sodium est la forme de sel de l’acide hyaluronique, et on voit les deux noms sur les étiquettes. Ni l’un ni l’autre ne te dit la taille de la molécule : dans les deux cas, les poids moléculaires varient beaucoup.
« Plus petit, c’est mieux? »
Ça dépend de ce que tu cherches. Dans l’étude clinique de 2011, tous les poids ont amélioré l’hydratation, et les plus petits sont associés à des rides moins profondes. Par contre, les très petits fragments sont débattus. Voir plus haut.
« Est-ce que ça remplit les rides comme une injection? »
Non. Les injections utilisent un gel d’acide hyaluronique (souvent modifié pour durer plus longtemps), placé dans la peau par un·e professionnel·le. Un sérum s’applique sur la peau, et les études de pénétration regardent surtout la couche du dessus et l’épiderme.
« Est-ce que mon acide hyaluronique vient d’animaux? »
Pour la plupart des produits cosmétiques d’aujourd’hui, non : on le fabrique surtout par fermentation avec des bactéries.
« Et la glycérine? Elle fait pas la même job? »
En partie. La glycérine est un autre humectant : elle aussi attire et retient l’eau. Elle est beaucoup plus petite que l’acide hyaluronique, pis très étudiée. Une étude de 1986 décrit qu’elle diffuse dans la couche du dessus de la peau et y forme une réserve. On lit parfois qu’elle bat l’acide hyaluronique en hydratation : on n’a pas réussi à remonter ça à une étude qu’on peut vérifier, alors on ne le répète pas. Les deux ne s’excluent pas.
Découvrir notre sérum hydratant au Trémella et à l’acide hyaluronique
Pour en savoir davantage
- Pavicic T. et al. (2011). Efficacy of cream-based novel formulations of hyaluronic acid of different molecular weights in anti-wrinkle treatment. Journal of Drugs in Dermatology, 10(9).
- Essendoubi M. et al. (2016). Human skin penetration of hyaluronic acid of different molecular weights as probed by Raman spectroscopy. Skin Research and Technology, 22(1).
- Waggett S. et al. (2024). Update on Low-Molecular Weight Hyaluronic Acid in Dermatology: A Scoping Review. EMJ Dermatology, 12(1).
- Widgerow A.D. et al. (2022). Designing topical hyaluronic acid technology: Size does matter…. Journal of Cosmetic Dermatology, 21(7).
- Kavasi R. et al. (2017). HA metabolism in skin homeostasis and inflammatory disease. Food and Chemical Toxicology, 101.
- Wolosik K. et al. (2026). Tremella fuciformis Extract Evokes Similar Effect as Hyaluronic Acid on Wound Healing but Through Different Mechanisms in Human Dermal Fibroblasts. Molecules, 31(13).
- Ma X. et al. (2021). A review on the production, structure, bioactivities and applications of Tremella polysaccharides. International Journal of Immunopathology and Pharmacology, 35.
- What is hyaluronic acid and how does it work? (Lab Muffin Beauty Science), pour les sources industrielles de l’acide hyaluronique.
- Hydration of the stratum corneum. International Journal of Cosmetic Science, 1986, 8(6), pour la glycérine.
